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POINT D'ARRÊT _ se révéler

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​​Point d’arrêt est un projet de correspondance réalisé en quatre volets :

1. Pantin de jardin : première série de correspondances jardinières _ été 2015

2. Le germe du rhizome : créations évolutives végétales, dessinées, photographiques et textiles _ été 2015

3. Carte interhumaine : deuxième série de correspondances jardinières _ été + automne 2017

4. Un lieu malgré soi : créations d'œuvres sculpturales liées aux correspondances _ 2018

L’objectif de cette recherche est de parvenir à représenter la malléabilité interhumaine, soit les modulations d’une relation partagée. Ces modulations m’intéressent, car elles expriment le potentiel émergeant du changement personnel et social.

Le projet Point d'arrêt met en relation ma pratique dialogique et ma quête à reconnaître et à organiser le tracé des données sensibles d’une relation. J’y examine la nature fixe et en mouvement de correspondances, liée à l’expérience intérieure, avec une communauté éparse de jardiniers cultivant avec moi une petite patate crochetée.

Sous forme de pratique ouverte, l’enjeu de la valeur de l’instant requalifie la notion de trace relationnelle dans une dimension sensible de la conscience. Je cherche ainsi, par le moyen de la carte interhumaine, à codifier et à organiser dans l’éphémère ce que la relation à l’autre implique et affecte en moi.

LA SENSIBILITÉ SE CULTIVE

Pour engager un changement social, je suis entrée en relation avec des gens inconnus, des citoyens de ma région. Pour le projet Pantin de jardin, je les ai invités à cultiver, dans leur jardin, une racine rhizome (gingembre, curcuma et patate) que j’ai crocheté de fils de coton.

L’étrangeté qu’apporte le filet crocheté sur une patate met la personne dans une nouvelle relation à l’objet. La patate est vouée à se transformer et à exister dans un temps limité (cultivée, cuisinée, etc.). Cette dimension temporelle se veut non intimidante pour le jardinier qui adopte une patate crochetée. Cette proposition éphémère, une sensibilité qui se cultive, me permet de sonder les différents espaces privés et sociaux d’un phénomène simple : jardiner. L’action de jardiner renvoie à l’imaginaire d’un espace à entretenir et au rapport d’une histoire en devenir. C’est une manière, pour moi, de mettre en adéquation la forme et le sens de l’objet observé : l’expérience relationnelle.

J’ai transposé cette expérience partagée en créant un vêtement carte (le Pantin de jardin), composé des artéfacts récoltés chez les premiers jardiniers.

 

LE GERME DU RHIZOME

« Je ne suis et tu n’es, dans le vaste flux des choses, qu’un point d’arrêt favorable au rejaillissement. »

Tirée du livre L’expérience intérieure, le projet Point d’arrêt s’inspire de cette citation de Bataille (2014, p.112.). Elle ponctue autant l’esprit des correspondances jardinières que la mise en espace de l’exposition Point d’arrêt, au centre d'artiste ATOLL de Victoriaville (8 avril au 4 mai 2017).

 

CORRESPONDANCES JARDINIÈRES

Lors de l’exposition Point d’arrêt, j'invitais d'autres jardiniers à correspondre avec moi, en prenant un des petits sacs contenant chacun une petite patate crochetée. C'est une manière d'ouvrir le dialogue avec d'autres jardiniers et de valoriser le partage de nos perceptions sur la notion de jardin extérieur et jardin intérieur.

Adoptant une patate crochetée, nous nous engageons dans une situation expérientielle et relationnelle, où nous découvrons ensemble comment attribuer du sens à celle-ci.

CARTE INTERHUMAINE

Pour amorcer les ébauches des cartes interhumaines, j'ai considéré les éléments de sens partagés (dits et non-dits,) de chacune des correspondances avec les jardiniers. À savoir, par le partage de ce qui se cultive dans nos jardins respectifs, quelles sont les données sensibles de l’expérience susceptibles d’être pointées sur une carte interhumaine. Quels sont les points, les lignes et les formes à tracer ? Comment, avant tout, définir une donnée sensible ?

Mon intention est d’aller à la source du sens. Je cherche les éléments signifiants, leurs symboles et leurs effets, à partir d’un monde observé, parce qu’ils sont mes matériaux de travail. Ce que nous fixons comme réalité, l’idéologie de chacun qui considère comme vraie une version d’un monde, peut désigner les points, les lignes et les formes d’une carte interhumaine liée à une correspondance singulière.

Cette recherche m’engage ainsi à déambuler à la rencontre de ce qui survient, autant vis-à-vis l’autre qu’avec moi-même, comme ouverture à l’imprévisible. ​​Et, à considérer la trace d’une relation comme étant une potentielle donnée sensible. Le moyen envisagé pour les repérer est ouvert et unique pour chaque correspondance.

Un exemple de données sensibles cartographiables est de fragmenter, par mes perceptions, l'environnement relationnel vécu et lui donner une nouvelle forme, par la matière (papier, fil, bille…).

La classification de données sensibles requalifie, code et leur apporte une dimension nouvelle sans hiérarchie.

En savoir plus sur la recherche-création CARTE INTERHUMAINE.

UN LIEU MALGRÉ SOI

Je veille à ce que l’expérimentation puisse exister à même la vie quotidienne et la banalité du geste. 

La patate crochetée adoptée par une personne est une petite sculpture qui en modèle une autre : sous forme de relation et de réflexion. Ensemble, ces formes deviennent sculpture sociale s’établissant comme lieu malgré soi. L’imprévisibilité façonne ces formes et génère l’expérience recherchée : une sensibilité au cœur du participant et du citoyen touché par le projet. Tout élément du processus, créant cette sculpture, ne peut donc pas être exclu.

Le projet Point d’arrêt est né d’une manière spécifique de décrire un monde observé : un jardin intérieur comme lieu symbolique, où s’épanouissent des richesses personnelles. Il est une tentative d’attribuer de nouvelles dénominations au dialogue intérieur et à une malléabilité interhumaine. Un lieu reconnaissant le partage du sensible.

Sélection d'images des deux premiers volets du projet POINT D'ARRÊT (2015-2018) :

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